Le désir du cœur (The Heart’s Desire)


Le MACS MTO® présente sa quatrième exposition « Le désir du cœur » (The Heart’s Desire) du 3 octobre 2026 au 12 septembre 2027. Sous le commissariat de Jessica Cerasi, l’exposition explore le désir sous toutes ses formes, sans jugement et indépendamment de la possibilité d’atteindre un jour son objet. Loin d’être un sentiment à réprimer ou à surmonter, cette qualité profondément humaine peut devenir une force créatrice qui rayonne dans les sphères créative, émotionnelle et spirituelle.



Le concept de désir
Le désir (shawq en arabe) imprègne profondément la pensée soufie. Il s’exprime dans des récits tels que Layla et Majnun ou la Rose et le Rossignol, ainsi que dans la poésie de maîtres comme Rumi, Ibn Arabi et Rabia Basri. La célèbre parabole du ney par Rumi, cette flûte de roseau coupée de son lit et implorant son retour, illustre la conception soufie de la séparation comme la condition même qui éveille l’amour. Loin d’être un état mélancolique, le shawq est décrit par les maîtres soufis comme un feu qui consume l’attachement et l’illusion, animant le chemin vers l’union avec le divin.

Chefs d’œuvre de la collection
L’exposition s’appuie sur la collection permanente du musée. Parmi les pièces maîtresses figure une tunique de prière qajare du XIXe siècle, originaire d’Iran. Peinte à la main sur du coton avec des versets du Coran, sa symétrie, son fond blanc et ses motifs boteh (cachemire) font du vêtement un miroir symbolique de l’âme de celui ou celle qui le porte. On y découvre également un cadenas à combinaison safavide du XVIe siècle : quatre anneaux de laiton rotatifs gravés de lettres arabes, qui ne s’ouvrent que par l’alignement précis d’un code de quatre lettres. Cet objet fait écho à la métaphore soufie du cœur comme un espace clos dont l’accès requiert une transformation intérieure, ainsi qu’à la science des lettres, selon laquelle l’alignement des Noms divins révèle des strates successives de la réalité.

La commissaire d’exposition, Jessica Cerasi, explique : « L’exposition espère toucher à quelque chose de fondamental et de profondément universel : la persévérance et l’espoir de l’esprit humain, contenus dans cet état de désir galvanisant et tendre. »

Focus sur les artistes contemporains et leurs œuvres
L’exposition réunit six artistes contemporains internationaux en dialogue avec la collection permanente du MACS MTO.
Rand Abdul Jabbar, née en 1990 à Bagdad, vit à Abu Dhabi.
Artiste irako-canadienne, lauréate du Richard Mille Art Prize et formée à l’architecture à Columbia, Rand Abdul Jabbar recompose archives, récits et vestiges pour interroger des thématiques telles que la mémoire, la mythologie et la culture matérielle. Pour Le désir du cœur, elle présente de nouvelles œuvres issues de sa série Earthly Wonders, Celestial Beings, accompagnées de sculptures en céramique conçues pour le jardin du musée. Elle y explore le jardin comme cosmos, à la fois image et lieu du désir.
Burçak Bingöl, née en 1976 à Görele, vit à Istanbul.
Burçak Bingöl a exposé au Metropolitan Museum of Art, à Frieze Sculpture et à la Biennale d’Istanbul, et forgé une pratique fondée sur des processus de traçage, de copie et de reformulation afin de déconstruire des motifs familiers. Au terme d’un vaste travail de recherche, elle met en scène une installation céramique en forme de roseraie intérieure, qui dialogue avec les céramiques ottomanes d’Iznik et leur décor floral. L’œuvre fait écho au jardin du MACS MTO et à l’allégorie de la Rose et du Rossignol, au cœur du récit soufi de l’amour inaccessible.
Sarah Brahim, née en 1992 à Riyad, vit à Paris.
Artiste visuelle et performeuse formée à la fois en médecine et en danse, Sarah Brahim a été nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres et exposé au Louvre Abu Dhabi ainsi qu’à la Biennale de Lyon. Son travail, ancré dans l’expérience du corps, explore le concept d’incarnation et le langage du geste. Aux côtés de deux œuvres vidéo et de sa série de polaroïds Lexicography, elle présente deux nouveaux ensembles qui évoquent le désir à travers la prière et l’écriture de lettres.
Han Mengyunn, née en 1989 à Wuhan, vit à Londres.
Artiste, cinéaste et poète, lauréate du prix ArtAsiaPacific Artists of the Year. Sa pratique interdisciplinaire tisse des liens entre les traditions intellectuelles et visuelles de l’Eurasie, de la peinture de manuscrits persans et indiens à l’impression sur bois chinoise. Elle présente une œuvre miniature dérivée de sa série Mirror Pavilion, enrichie de nouveaux dessins issus de Scattered Pearls en dialogue avec des manuscrits de la collection permanente.
Faissal El-Malak, né en 1988 à Windsor, vit à Londres et Dubaï.
Artiste, chanteur et designer palestinien, Faissal El-Malak a exposé au Victoria & Albert Museum, à la Triennale d’Architecture de Lisbonne et collaboré avec Hermès. Son travail, à la croisée des arts visuels, du textile, de la performance et du soin, explore la mémoire, l’identité et la guérison. Il imagine ici une installation en forme de salle de lecture, où références aux jardins islamiques et aux décors parisiens fusionnent autour du précepte soufi : « La guérison des cœurs est la rencontre avec le Bien-Aimé. »
Haroon Mirza, né en 1977 à Londres, vit à Londres.
Haroon Mirza a reçu le Lion d’Argent à la Biennale de Venise et se définit comme un compositeur dont le médium principal est l’électricité.
Sa pratique « adisciplinaire » explore les frictions entre le son, la lumière et le courant électrique pour éveiller la conscience du spectateur. Il conçoit un environnement sonore et lumineux dans le gonbad (dôme) du musée et sa niche attenante, en remixant des enregistrements vocaux de Mina Deris. L’ensemble dialogue avec une sculpture contemporaine de kashkūl gravée du motif infini ein stein.

La commissaire Jessica Cerasi est commissaire indépendante et responsable de programme à la Bagri Foundation. Elle a assuré le commissariat de Shezad Dawood: Skin of Dreams à l’Abu Dhabi Cultural Foundation (2026) et a co‐commissarié le Pavillon saoudien à la Biennale de Venise en 2024. Elle a travaillé comme commissaire sur le projet Guggenheim Abu Dhabi de 2020 à 2024, après avoir occupé des postes clés au UK Government Art Collection et à la Biennale de Venise 2019.


Un musée à l’approche unique
Le Musée d’Art et de Culture Soufis MTO occupe un hôtel particulier du XIX siècle à Chatou, sur les bords de Seine face à l’Île des Impressionnistes, à vingt minutes en RER du centre de Paris. Sa collection s’étend de l’époque achéménide à nos jours et comprend céramiques, textiles, manuscrits, œuvres calligraphiques, sculptures et objets du quotidien. Plutôt que de présenter le soufisme comme un phénomène purement historique, le MACS MTO crée le dialogue avec des œuvres d’art contemporaines, offrant ainsi au soufisme une incarnation actuelle qui le rend accessible tant à un public amateur qu’à un public non initié. Ainsi, le parti pris du MACS MTO transforme le musée en espace de résonance. Le soufisme n’est plus « expliqué », il est activé par les œuvres, et les œuvres gagnent en densité au contact de cette pensée. La mise en regard avec l’art contemporain le replace dans un champ universel : celui de l’expérience sensorielle et émotionnelle. Le MACS MTO reçoit le soutien des organisations philanthropiques American Friends of Sufi Arts, Culture and Knowledge® (AFSACK®) et Canadian Friends of Sufi Arts, Culture and Knowledge™ (CFSACK®).


Du Mercredi au Vendredi
11:00 – 18:00

Samedi et Dimanche
10:00 – 18:00

Musée d’Art et de Culture Soufis MTO
6 Av. des Tilleuls
78400 Chatou

Site Internet Musée d’Art et de Culture Soufis MTO
Référence Annabelle Oliveira